mercredi, 09 mai 2007

Sondages après-élections !

COMME TOUJOURS DEPUIS CES DERNIERS MOIS, LES SONDAGES DISENT TOUT ET SON CONTRAIRE !

AVEC UNE CONSTANTE : LES MEDIAS LES PLUS REGARDÉS DONNENT TOUJOURS LES CHIFFRES "VALORISANTS" POUR SARKOZY ET LES MEDIAS MOINS PUISSANTS SONT TANTÔT FAVORABLES A L'UN ET L'AUTRE DES CANDIDATS (COMME DANS LA RÉALITÉ...)

 REVUE DES SONDAGES "ANALYSANT"LES VOTES DU SECOND TOUR :

Répartition des votes par tranches d'âges...

L'enquête menée par IFOP pour le JDD et M6 sur les intentions de vote au 
deuxième tour donne gagnant Nicolas Sarkozy, avec 52,5% (-1,5%) contre 
47,5 (+1,5) pour Ségolène Royal, avec 9% d'indécis.

Le résultat le plus surprenant de cette étude ne tient pas à ce chiffre, 
mais au détail de la répartition des votes par tranches d'âges.

En effet Ségolène Royal arrive en tête des intentions de vote dans toutes 
les classes d'âges situées en dessous de 65 ans.

Si le candidat de l’UMP parvient tout de même en tête c'est qu'il fait un 
tabac chez les retraités, avec un score atteignant 75% qui lui permet de 
combler son retard.

Ventilation par classe d'âge du vote Royal :

18/24 ans : 53%

25/34 ans : 54%

35/49 ans : 56%

50/64 ans : 51%

65 ans et plus : 25%

Voila donc une réalité sociologique inattendue : c'est le vieillissement 
de la population qui tire le corps électoral français vers la droite. D'où 
très certainement la logique d'avoir tapé sur Mai 68, une période sans 
intérêt pour nous, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, mais un moment 
fondateur pour tous ces vieux qui se sont fait peur à cette époque.

Ainsi, loin d'être le candidat du travail et des forces vives comme son 
discours volontariste semble l'affirmer, Nicolas Sarkozy serait en fait 
celui de l'inquiétude et des peurs ressenties par une population 
vieillissante, devant une modernité qui la bouscule et qu’elle refuse.

Ainsi, malgré 5 années de propagande Sarkoziste avec l'aide massive de la 
plupart des médias, Ségolène Royal serait majoritaire dans le pays dans 
toutes les catégories d'âge de 18 à 64 ans !!!!!!!!

Ainsi, tous les efforts des militants, des sympathisants, la mobilisation 
d'une partie des abstentionnistes le 22 avril se heurte à cet implacable 
constat : les trois quarts des seniors de plus de 65 ans ruineront tout 
espoir de victoire !!!

Avec une performance de 55 ou 60% pour Sarkozy, cette catégorie des plus 
de 65 ans n'aurait pas pu faire basculer l'élection.

Mais avec 75%, chiffre considérable, c'est toutes les intentions de vote 
des moins de 65 ans en faveur de Ségolène Royal qui sont laminées.

Comment se fait-il que personne n'en parle !!

On peut comprendre que l'UMP n'ait aucun intérêt à ébruiter une telle étude  !!!
Minoritaire chez tous les moins de 65 ans !! Une information des plus 
désagréables ! Un échec cuisant ! 

 -----------------

Institut : IPSOS
Media : LE POINT

Enquête IPSOS /DELL pour FRANCE 2 / EUROPE 1 / 20 MINUTES / LE POINT
(la plupart de ces médias appartiennent aux "mais" de Sarkozy)

3 609 personnes interrogées par téléphone le 6 mai 2007, constituant un échantillon national représentatif de la population inscrite sur les listes électorales.

Méthode des quotas.
Comme pour toute enquête quantitative, cette étude présente des résultats soumis aux marges d'erreur inhérentes aux lois statistiques.

N. Sarkozy

 

S. Royal

 

TOTAL

 

ENSEMBLE 53

 

47

 

100

 

Sexe
Hommes 54 46 100
Femmes 52 48 100
Age
18 - 24 ans 42 58 100
25 - 34 ans 57 43 100
35 - 44 ans 50 50 100
45 - 59 ans 45 55 100
60 - 69 ans 61 39 100
70 ans et plus 68 32 100
Sexe x Age
Hommes / Moins de 35 ans 54 46 100
Hommes / 35 à 59 ans 49 51 100
Hommes / 60 ans et plus 66 34 100
Femmes / Moins de 35 ans 50 50 100
Femmes / 35 à 59 ans 45 55 100
Femmes / 60 ans et plus  64 36 100
Profession de l'interviewé
Agriculteurs 67 33 100
Artisans, Commerçants 82 18 100
Professions libérales, Cadres Sup. 52 48 100
Professions intermédiaires 49 51 100
Employés 49 51 100
Ouvriers 46 54 100
Statut de l'interviewé
Salariés du privé 53 47 100
Salariés du public 43 57 100
Travailleurs indépendants 77 23 100
Chômeurs 25 75 100
Etudiants 42 58 100
Retraités 65 35 100
Dernier diplôme obtenu
Pas de diplôme  51 49 100
BEP/CAP/Certif. d'études primaires 54 46 100

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les reports de voix tiennent compte à la fois des résultats du sondage et des éléments issus de l'analyse des transferts de voix dans les 200 bureaux de vote ayant servi à l'estimation des résultats du 2nd tour.

La sociologie des électorats

<><td width="48" style="padding-right: 0cm; padding-left: 0cm; background: #ffffcc; padding-botto</> <> </>
  N. Sarkozy

 

S. Royal

 

TOTAL

 

ENSEMBLE

 

53

 

47

 

100

 

Sexe
Hommes

 

54

 

46

 

100

 

Femmes

 

52

 

48

 

100

 

Age
18 - 24 ans

 

42

 

58

 

100

 

25 - 34 ans

 

57

 

43

 

100

 

35 - 44 ans

 

50

 

50

 

100

 

45 - 59 ans

 

45

 

55

 

100

 

60 - 69 ans

 

61

 

39

 

100

 

70 ans et plus

 

68

 

32

 

100

 

Sexe x Age
Hommes / Moins de 35 ans

 

54

 

46

 

100

 

Hommes / 35 à 59 ans

 

49

 

51

 

100

 

Hommes / 60 ans et plus

 

66

 

34

 

100

 

Femmes / Moins de 35 ans

 

50

 

50

 

100

 

Femmes / 35 à 59 ans

 

45

 

55

 

100

 

Femmes / 60 ans et plus 

 

64

 

36

 

100

 

Profession de l'interviewé
Agriculteurs

 

67

 

33

 

100

 

Artisans, Commerçants

 

82

 

18

 

100

 

Professions libérales, Cadres Sup.

 

52

 

48

 

100

 

Professions intermédiaires

 

49

 

51

 

100

 

Employés

 

49

 

51

 

lundi, 07 mai 2007

MANIFESTATIONS ANTI-SARKOZY

*** VOIR PHOTOS DANS L'ALBUM "MANIFESTATIONS" ***

Paris, 6 mai 2007

Pourquoi les forces de l'ordre ont provoqué et laissé dégénérer les manifestations pacifistes anti-Sarkozy à Paris ?

Introduction : Dès 20H15, les CRS ont barré toutes les rues autour de la place de la Bastille empêchant ainsi les manifestants de défiler vers la Concorde ou ailleurs.

1. Dès le début des jets de projectiles, les CRS étaient en mesure d'arrêter les incidents.

2. Jets de gaz lacrymogènes par séries de 5 en continu alors que les échanges entre manifestants et forces de l'ordre étaient quasiment nuls.

3. Aucune intervention de la police lors de casses, d'incendies de véhicules, dégradation des arrêts de bus et pillages de vitrines.

4. Confrontations frontales entre, d'un côté les manifestants et de l'autre, la police. A aucun moment, ils ne cherchent à encercler ou arrêter qui que ce soit.

5. Lors de celles-ci, dans les rues attenantes à la place de la Bastille, le rapport numérique police - manifestants était égal voire supérieur du côté policier.

6. Une fois les manifestants disparus, seules quelques rares vitrines étaient surveillées par la police.

----------------------

REVUE DE PRESSE

Manifestations anti-Sarkozy :
incidents à Paris
NOUVELOBS.COM | 06.05.2007 | 23:35

Place de la Bastille, où 5.000 personnes étaient réunies, les forces de l'ordre ont chargé à coups de grenades lacrymogènes. Des centaines de manifestants à Rennes, Nantes, Brest. Incidents à Lyon.

Place de la Bastille dimanche soir (photo prise par Maël Thierry, journaliste au Nouvel Observateur)
Les forces de l'ordre ont chargé dimanche 6 mai au soir à coups de grenades lacrymogènes, place de la Bastille à Paris, des manifestants anti-Sarkozy qui leur lançaient pavés et projectiles.
Entre 100 et 300 manifestants, dont des autonomes, pour certains masqués par des foulards ou la tête protégée par des sweat-shirts à capuche, allaient et venaient vers les forces de l'ordre pour lancer leurs projectiles tandis que les CRS restaient positionnés à l'entrée du boulevard Richard Lenoir et du boulevard Beaumarchais.
Un petit groupe avait improvisé un concert sur de petites barricades et tenté auparavant de desceller un poteau indicateur sur l'un de ces deux boulevards.
Au total, près de 5.000 personnes s'étaient rassemblées sur la place de la Bastille peu avant 22h00 afin d'exprimer leur déception et leur colère après la victoire du candidat UMP à la présidentielle.

---------------------
PARIS (AFP) -
Sur la place de la Bastille, quelque 5.000 manifestants "anti-Sarko", dont certains étaient masqués et portaient des drapeaux noirs, affrontaient les forces de l'ordre, vers 22H00, avec des projectiles divers - pavé, bouteilles - tandis que les gendarmes mobiles répliquaient par des tirs de lacrymogènes.

Des détritus brûlés sur la place de Bastille à Paris après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle le 6 mai 2007 (Photo: Miguel Medina / AFP)
"Il y a ceux qui vivent bien, les riches et ceux qui vont continuer à souffrir beaucoup plus", a réagi pour sa part le président d'AC le Feu Mohamed Mechmache, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). "La France n'a pas compris le message de ce qui s'est passé en octobre-novembre 2005" (émeutes).
En province, à Lille, peu avant 22H00, environ 200 personnes, essentiellement des anarchistes brandissant des drapeaux noirs, se sont rassemblées sur la Grand Place. Aux cris de "Sarko facho, le peuple aura ta peau", les manifestants faisaient face à des policiers et leur jetaient quelques canettes et des poubelles. L'un des manifestants a été évacué après avoir été blessé à un bras lors d'une intervention des policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

----------------------

ELECTIONS 2007

730 voitures brûlées,
592 interpellations
NOUVELOBS.COM | 07.05.2007 | 18:21

La police a revu à la hausse le bilan des affrontements entre manifestants anti-Sarkozy et forces de l'ordre dans la nuit de dimanche à lundi pendant laquelle 35 voitures ont notamment brûlé dans la capitale.


Place de la Bastille à Paris (AFP)
Sept cent trente voitures ont été brûlées en France métropolitaine au cours de la nuit du second tour de l'élection présidentielle, et 592 personnes ont été interpellées, selon un bilan définitif obtenu lundi 7 mai auprès de la direction générale de la police nationale (DGPN).
Selon la même source, ce bilan précise que sur 730 voitures brûlées, 35 l'ont été à Paris, et que parmi les 592 interpellations, 79 sont également intervenues dans la capitale.
Par ailleurs, 78 policiers et gendarmes ont été blessés au cours des incidents qui ont émaillé le second tour de la présidentielle.
Dans un premier temps, la DGPN avait fait état de 367 voitures brûlées et 270 interpellations, ajoutant que 28 policiers et gendarmes avaient été blessés.
Ce bilan, arrêté à 6h00 du matin, ne semblait pas faire état de la totalité des dégâts enregistrés dans le pays si l'on tient compte de chiffres obtenus auprès de préfectures et d'institutions régionales.
La préfecture de police de Paris fait ainsi état à elle seule de 33 policiers blessés. La DGPN n'en recense que trois dans la capitale. D'autres bilans régionaux font état de dégâts matériels supérieurs.

Magasins pillés à Lyon

Le bilan de la DGPN ne fait ainsi pas mention d'attaques de bus au cocktail Molotov en région parisienne, ni de l'incendie criminel de l'école de la Lanterne à Evry (Essonne), ni d'une tentative d'incendie contre un centre d'action sociale dans la même ville, attestés de source policière.
Il ne fait pas état non plus de magasins ravagés et pillés, comme à Lyon, où selon un décompte réalisé par Reuters, une vingtaine de devantures de magasins de la Presqu'Ile ont été brisées, ainsi que des abribus et des cabines téléphoniques. Dans la ville, la préfecture de police fait état de 13 blessés, dont 10 dans les rangs de la police, et 54 voitures incendiées.
Dans le département du Nord, une centaine de voitures ont été incendiées, en particulier dans les villes de Lille et de Roubaix, rapportent les pompiers. Des dizaines d'abribus ont été brisés, des feux de poubelles observés. Environ 70 personnes ont été interpellées à Lille, selon la police.

10.000 manifestants

Dans un document interne, dont Reuters a eu connaissance, la DGPN estime que "le second tour des élections présidentielles n'a pas généré de grandes manifestations de violences urbaines dans les quartiers sensibles".
Elle estime le niveau des violences de la nuit "au-dessus de celle d'un 14 juillet, mais inférieures à celles d'un Réveillon de la Saint-Sylvestre".
Selon elle, environ 10.000 personnes ont manifesté dans toute la France contre le résultat de l'élection présidentielle qui a vu Nicolas Sarkozy accéder à l'Elysée.
La police estime que les violences ont été provoquées par deux milieux distincts, des jeunes des banlieues pauvres, notamment autour de Paris, et des militants d'extrême gauche, anarchistes ou "autonomes" dans les centres des grandes villes.
Les seconds ont par exemple affronté les forces de l'ordre durant plusieurs heures place de la Bastille à Paris, lieu traditionnel de rassemblement de la gauche lors des soirées électorales.
Les manifestants, qui jetaient feux d'artifice et bouteilles, n'ont pu être dispersés que par un véhicule anti-émeute blindé équipé de canons à eau, a constaté un journaliste de Reuters sur place.

A Bordeaux, Nantes et Rennes

En province, outre Lyon et Lille, des échauffourées similaires se sont déroulées à Bordeaux, Nantes, Rennes et Toulouse notamment.
A Nantes, où une manifestation contre Nicolas Sarkozy a rassemblé un millier de personnes dans la nuit de dimanche à lundi, 26 personnes ont été placées en garde à vue, selon Yves Monard, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de Loire-Atlantique.
Parmi elles figurent trois mineurs accusés d'avoir cassé un abri de bus. Six policiers ont été légèrement blessés et du côté des manifestants, une personne a été touchée par un tir de Flash Ball, mais ses jours ne semblent pas en danger.
Dans des quartiers sensibles de la ville, 33 véhicules ont été incendiés ainsi que de nombreuses poubelles. Par ailleurs, plusieurs vitrines de commerçants ont été endommagées.
"Il ne s'agissait pas d'une manifestation spontanée, mais d'un mouvement préparé par un noyau dur de militants anarchistes et d'extrême gauche", a estimé Yves Monard.
En Normandie, la police a procédé à vingt interpellations à Rouen et à Caen, lors d'incidents survenus en marge de manifestations dans la nuit de dimanche à lundi.
Quatre policiers ont été légèrement blessés à Caen où d'importants dégâts matériels - dégradations, bris de vitrines, voitures endommagées, tentative d'incendie de la permanence UMP - ont été commis, en marge d'une manifestation.
Dans l'agglomération de Rouen, une dizaine de voitures ont été incendiées. (avec Reuters)

vendredi, 04 mai 2007

J-2 : SARKOZY ET SES CONTRADICTIONS

24 HEURES après le débat "Ségo/Sarko" suivi par plus de 20 millions de français, une polémique (assez discrète) sur les sondages relatifs aux retombées du débat éclate.

Les "chiffres", selon le sondage publié sur TF1, LCI et Le Figaro sont très "généreux" quant aux intentions de vote pour Sarkozy. Et les autres sondages sont tout-à-fait différents.

 

Les voici : le moins que l'on puisse dire est que TF1/LCI/Le Figaro publient un sondage très différent de tous les autres médias... Ils sont les seuls, avec 20minutes, dans une moindre mesure, à mettre Sarkozy en première position : étrange, non ?

 

 

METRO

Ségolène Royal : 51%
Nicolas Sarkozy : 41%
Match nul : 7%


MARIANNE

Ségolène Royal : 65%
Nicolas Sarkozy : 27%
Match nul : 8%


NOUVELOBS  

Ségolène Royal : 55,77%
Nicolas Sarkozy : 33,72%
Le Milan AC : 10,51%


LE MONDE 

Ségolène Royal. 48.9 %
Nicolas Sarkozy. 38.2 %
Ni l'un, ni l'autre. 12.8 %


TF1 LCI FIGARO
 

Nicolas Sarkozy : 53%
Ségolène Royal : 31%
 
Match nul : 16%


POUR 20MINUTES 

Nicolas Sarkozy : 46.14%
Ségolène Royal : 44.93%
 
Match nul : 5.43%
Match vraiment nul : 3.5% 

 

Ainsi, contrairement à ce que viennent asséner sans relâche les nombreux porte-parole de Sarkozy dans les médias depuis hier, Ségolène Royal ne sort pas perdante de ce débat. Et, contrairement à ce que disent certains journalistes, trop prudents envers Sarkozy, le débat n'a même pas été sans conséquences sur les intentions de vote. Les sondages d'après débat sur les intentions de vote donnant du 54% pour Sarkozy sont bien étranges... Comment Sarkozy pourrait avoir gagné des points et être aussi haut, alors que, dans le même temps, il a perdu des voix Lepennistes (Le Pen vient d'appeler à voter blanc), il a perdu une partie des voix Bayrouïstes (qui vient d'appeler à NE PAS voter Sarkozy) et il a tenu un débat qui l'a déstabilisé sur quelques points.

 

Quand Ségolène Royal lui demande des comptes sur son bilan en tant que ministre de l'intérieur qui avait clamé sa "tolérance zéro" en 2002 (la violence aux personnes a augmenté de 30% en 2006: tolérance loin de zéro!!!), il répond évasivement... Pourtant, le journal vendu au pouvoir "Le Figaro" affirme que c'est Ségolène Royal qui est restée floue durant le débat. Qu'on soit de droite ou de gauche, 1+1=2. L'évidence saute aux yeux. Ségolène Royal, malgré quelques maladresses, quelques erreurs de chiffres, qui ne remettent pas en cause les principes qu'elle a évoquées, s'est montrée audacieuse, déterminée, précise dans son projet de société et sur les méthodes et moyens qu'elle entend mettre en oeuvre. Elle a été bien supérieure à ce que ses détracteurs attendaient.

 

Mais Nicolas Sarkozy n'est pas assez beau joueur pour l'admettre, alors, afin de ternir le brio de ce débat mené par Ségolène Royal, il manipule la presse, les médias, les chiffres... Il sait que l'image que l'on donne d'un événement après-coup est autant voire plus importante que la réalité de cet événement.

 

Définitivement, Nicolas Sarkozy abuse de ses réseaux d'influences, il mafiaïse la politique française, il la salit et il salit la France. Il n'y a plus aucun doute sur ses intentions et sur sa malhonnêteté. Il peut répéter sans relâche qu'il est victime d'un procès d'intentions, il peut menacer les journalistes, les personnes qui le décrient, il peut faire tout ce qu'il veut, une partie non négligeable des français savent qui il est et ils ne l'oublieront pas et ils le feront savoir. Quoi qu'il arrive le 6 mai, nous n'allons pas tirer un trait sur ce scandale.

 ---------------

 

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu, voici l'article de Marianne du 14 au 20 avril 2007 sur "le vrai Sarkozy".

 

 

Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler

le vrai sarkozy

Par jean-François Kahn, avec serge maury, philippe cohen, laurence dequay et le service france de "marianne".  

Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s’il ne l’avait pas dit ? Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot.  Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus – retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime – sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de stigmatiser le leader du Front national. Comme si Sarkozy faisait peur. Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d’un « ministère de l’intégration et de l’identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne de Jörg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu’on n’en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante d’avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison. Or, cela n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s’aplatisse ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s’écrasent. Tant le personnage fait peur.

Ses mots pour le dire

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de ses réactions ? La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : « Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d’agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu’il aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce n’était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur i Télé, il « croi[t] n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag ! Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ». Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

Insultes…

C’est d’« enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs… qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à François Bayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier : « Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot- Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ? L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP. Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre ! Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. L’enquête en question a été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n’est pas bon. Ça eût dérangé !

Il n’a plus besoin d’intervenir

Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, effectivement, proclamé à la cantonade qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux : il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore : parce qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « Je connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre rédaction. » On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, estce la crainte qu’il suscite, la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ? Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consoeur de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c’est le gaullisme. Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

Les confrères étrangers osent, eux !

Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go : « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung de Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung lui décerne le prix de « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple ». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIXe siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie.

La peur de la trappe

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ? Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n’ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d’une nuée de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur. Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

Catherine Nay entre les lignes

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne dessine l’horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre. Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non… Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l’obsède et rythme ses discours : son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal… Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je n’avais pas mesuré. »

Il n’a pas le droit de le dire

Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de « bonapartiste » ? L’hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique de Villepin passible de l’asile d’aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient, en coulisse, qu’il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est tabou ! Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco. Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre d’en haut ! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)

Et, pourtant, en privé, ils le disent

Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent (ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. « Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. » Un des plus importants hiérarques de l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?), renchérit : « Sarkozy, c’est le contraire de l’apaisement. Chirac, vous verrez, on le regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd’hui. » « La France, c’est du cristal », dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin. Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins… que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement), ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler. » D’autres brodent : « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont immatures ! » On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier – du moins tout fort –, de « malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et, justement, il y a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce « démocrate-chrétien jésuitique » mais, enfin, on ne va pas « laisser la France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.

Comme une bande des « cités »

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des « peines plancher ». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé par le clan avec une violence « digne d’une bande des cités ». C’est d’ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar, alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy. Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait “leur en cuire”. » L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités – énergie, ténacité –, et ses défauts, dont j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il comblerait son inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. » Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a « de la graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs », de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. « Oui, c’est vrai, reconnaît l’un deux, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent- ils tous, mais il s’arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire…

Un lourd secret

Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n’étant pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite. C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a priori cette incarnation.

Il est de droite, et après ?

Oui, Sarkozy, en son tréfonds – et même si on l’a convaincu de ne plus rien en laisser paraître –, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d’« orgueilleuse » prise de distance à l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business. Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etatprovidence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak. Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son « populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il déroule, depuis quelques semaines, le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême gauche, est une stupidité. Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite Jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l’Eglise de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac une amnistie contre son soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.

Cette vérité interdite

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs. Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au fond des souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire. Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas ! « Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni l’intuition, ni l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF, officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à luimême. Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

Plus fort que lui…

Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son tempérament. Prompt à interdire, de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. » Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz- Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ». Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !

Il suffit de l’écouter

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors « je ». Ce « je » qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise un jour, comme à la marâtre de Blanche- Neige, qu’il n’est « plus la plus belle ». C’est pourquoi, d’ailleurs – et même ses proches s’en effarent –, il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale… des marins pêcheurs. Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou la polémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que celles qui le plébiscitaient.

Il est « le seul qui… »

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d’intervenir pour en corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur il ne sait pas s’interdire. Quelque chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait constamment battre un record. » Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas s’empêcher. » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cette salve : « L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut-être, un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pieddixit une de ses victimes au sein de l’UMP – à assassiner, les unes après les autres, les personnalités que l’un d’eux, Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit : « J’ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres intervenants. Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être » et « faire ». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le premier, d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

Double discours

Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement : « Un candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés – et avec quelle violence ! –, la stratégie guerrière de l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes, sa phase brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’il s’agissait d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était inconcevable qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre. D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier, préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait, évidemment, d’achever Villepin.

Comm e on ass ass ine tous les concurrents…

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une société de revêtement, eut emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui il voyait un adversaire. C’est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé en machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire du oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social français, n’était-il pas conscient qu’il favorisait de la sorte le camp du non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi, moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui, l’unique, le point central, qui porte et justifie cette cohérence. Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

Faillite morale, dit-il

Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle ! Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple d’attitude hautement morale ? Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom – société Arnault Claude- Nicolas Sarkozy –, ce qui s’avère d’autant plus intéressant qu’on continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes –, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupécollé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, estce la quintessence du moralisme intégral ? Est-ce une moralité sans faille qui permit à Thierry Gaubert d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l’un des principaux rouages ? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier) ? Les rapports d’affaires (ou de tentatives d’affaires) avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l’intégrisme moral ? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en être abstenu ?

Un système clanique

Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à présider l’établissement public. Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop !, on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à tort ou à raison, le symbole d’une certaine « ripouïsation » d’un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dû regagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d’autres. Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany. Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto- municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany. C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4 000 à 6 000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.

Qui sont ses soutiens ?

Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide : Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui. Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ? Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivain Yasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des expetits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l’ensemble de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

« L ’identité nationale », parlons-en…

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l’identité nationale » ? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain » ? Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il se sentait souvent « un étranger dans son propre pays » ? Qui regretta que la France ait brandi son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak ? Qui stigmatisa, depuis l’Amérique, « l’arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU ? Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon ? Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi ! Citons, presque au hasard : « Il y en a combien qui peuvent se permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j’y resterai le temps nécessaire » (2005).

 

« Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » « Racaille, le vocable était sans doute un peu faible. » « Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004). « Maintenant, dans les réunions publiques, c’est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005). « Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. » « Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée » (1995). « Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la rassurer, non de l’inquiéter. La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages). « Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. » « La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. » « Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d’afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992). « Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. » On nous dira, ensuite : il faut lui faire confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?

Le vrai danger

On évoque obsessionnellement le danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire – concurrent de droite (à l’égard duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu – et il peut l’être –, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays. Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu’elle était ironique à l’égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy. Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l’anti-France et la faillite morale. Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard – quitte, ensuite, à nous en demander compte – que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger. S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !

samedi, 28 avril 2007

AUX URNES, CITOYENS !

Encore une fois, on insiste sur le fait que ce n'est pas seulement la personnalité de Sarkozy qui est mise en cause, mais bel et bien son programme résolument anti-social et ANTI-DÉMOCRATIQUE.

Sarkozy est, à l'instar de Mr Le Pen, dangereux ; mais au contraire de Mr Le Pen il est très dangereux et vraiment de droite. J'irais même plus loin : pour moi, les donnes ont changé ; l'échiquer politique s'est réorganisé : Le Pen est de droite et Sarkozy d'extrême-droite.

Voter pour Sarkozy, c'est vouloir un recul social sans précédent, c'est vouloir détruire la démocratie française. Voter Sarkozy, est un acte criminel. Le 31% de Sarkozy en 2007 est mille fois plus scandaleux que le 18% de Le Pen en 2002.

Les pauvres diables qui votent pour Sarkozy ont la naïveté de croire que leur vie va devenir meilleure. Entre les bourgeois qui s'imaginent voir les cours de leurs actions s'envoler après le 6 mai si leur candidat passe, les banlieusards qui fantasment sur des cités qui deviendraient paradisiaques si on les "Karchérisaient"... et des Ovnis votants qui disent avec un entonnoir sur la tête : "Moi j'en ai marre que les agents de sécurité arabes me parlent mal, alors je vote Sarkozy." Ben, oui, belle blonde, c'est sûr que si tu votes Sarkozy, tout le monde va être aimable avec toi, tout-à-coup, miraculeusement.

En réalité, l'embellie économique serait un feu de paille car un pays où le travail manque à la moitié de la population ne consomme pas et voit sa croissance baisser de manière exponentielle. En réalité, les coups de Kärcher seraient un départ pour créer une véritable guerre civile car les pauvres, n'en déplaise à Sarkozy, sont très nombreux aujourd'hui, et seront encore plus nombreux "grâce" à lui : en clair, il fabriquerait encore plus de pauvres, encore plus mécontents et il déclencherait un vrai raz-de-marrée social.

En réalité, la France deviendrait un enfer. Les pays où le pouvoir est tyrannique et anti-social sont en grave échec économique ou ce sont carrément des pays du tiers-monde... Oui, Monsieur Sarkozy : vous vous trompez, vous n'allez pas transformer notre pays en paradis mais en enfer.

FRANCE : RÉVEILLE-TOI. NE COMMETS PAS L'IRRÉPARABLE. SI SARKOZY PASSE, NON SEULEMENT IL VA FAIRE BEAUCOUP DE TORT A NOTRE PAYS, MAIS LE PEUPLE DES "BANLIEUES" SE SOULEVERA ET SON KÄRCHER N'Y POURRA RIEN. CERTES, LA FRANCE A BESOIN DE CHANGER MAIS ELLE N'A PAS BESOIN D'UNE RÉVOLUTION SANGLANTE. AUTANT PASSER PAR LA MANIERE DOUCE, CELLE DE LA GAUCHE.

Ci-dessous, le communiqué n°43 de campagne du site http//: www.democratie-socialisme.org"

--------------------------------------------

Sarkozy se plaint d’être diabolisé ?  
En vérité, il ne l’est pas assez !

Sarkozy se complaît à jouer à fond dans le vieux registre de Le Pen : le voilà qui se prétend "diabolisé" et qui affirme : « je ne suis pas candidat pour plaire à un petit milieu parisien, entre le boulevard St Germain et l’Assemblée nationale. Ce ne sont pas la presse, les sondages, les élites qui m’auront choisi, mais les Français ». (sic)   Diabolisé ? Mais vu son programme et vu ce qu’il est, il ne l’est pas assez !

Son programme est tellement anti social que c’est vrai, des électeurs, des salariés, même des syndiqués, des militants de gauche n’arrivent pas à y croire, ne mesurent pas l’ampleur de la menace, certains parlent encore de s’abstenir !

Son programme est tellement anti social que c’est vrai, des électeurs, des salariés, même des syndiqués, des militants de gauche n’arrivent pas à y croire, ne mesurent pas l’ampleur de la menace, certains parlent encore de s’abstenir !

C’est vrai, Sarkozy n’aurait jamais dû obtenir 31 % tout comme Le Pen n’aurait jamais du avoir 18 % en 2002…

L’Ump en s’alignant sur Le Pen, sur Bush, Thatcher, Berlusconi ne devrait pas, non plus, avoir une majorité dans la France qui s’est battue contre l’ultra-libéralisme depuis nov-déc 95, fév-juin 2003, a voté à gauche en 2004 et 2005, a gagné contre le Cpe en 2006 !

Sarkozy était « pour » le Cpe, il a voté, lui et les siens, « pour », jusqu’au bout, il a même, un temps, prétendu que c’était « son » idée et pas celle de Villepin… Sarkozy est pour le “Cne”, pour vous licencier « sans motif », faire perdre ainsi toute dignité aux salariés…

Sarkzoy en rajoute :  Je ferai une de mes premières lois contre le droit de grève ». Il précise : « Mr Thibault est contre ? Il n’a qu’à se présenter à la présidence de la République ! ». Le « chef de la Cgt des cheminots est contre » ? Hé bien si je suis élu, c’est moi qui décide.
Recherche de l’affrontement direct.  « Parce que je ne suis pas de gauche, je serai illégitime ? il y aurait donc la candidate de l’apaisement et le candidat de l’affrontement ? Cela s’appelle un procès d’intention. » Il ne nie pas : il cherchera l’affrontement et il a l’intention de le gagner !

J’ai (GF) personnellement fait 32 meetings en soutenant Ségolène Royal et j’ai parlé de janvier à avril 2007, devant des salles acquises (près de 6000 personnes au total, souvent très militantes).  Mais je ressentais un malaise intime quand je parlais, par exemple, de la mise à mort du Code du travail, de la promulgation du « nouveau » code du travail le 7 mars 2007 (applicable en septembre…  si Sarkozy gagne ) : beaucoup, parmi les participants étaient non informés, et quand je les informais, ils étaient incrédules !  

Et quand ils comprenaient la gravité de l’information ils pensaient, je le sentais, dans leur for intérieur : « - Bon, c’est grave, mais même si Sarkozy était élu, il n’y arrivera pas, on l’en empêchera ».

Quelque part, il y a encore des secteurs de la gauche et de l’extrême gauche qui « banalisent » l’arrivée possible de Sarkozy au pouvoir ( et tant d’américains ont banalisé l’arrivé de Bush !)

Que personne ne soit en confort !  Personne ne pourra se vanter de s’être abstenu, de n’avoir pas été averti.

Cette élection n’est pas « ordinaire ». Ce candidat n’est pas ordinaire : il vous dit d’avance qu’il va tuer vos droits sociaux !

Il y en a qui même qui parlent même de façon routinière, sans savoir, sans s’inquiéter, d’un « troisième tour social ». (sic) D’autres rêvassent sur le résultat des législatives des 10 et 17 juin : mais elles épouseront les résultats du 6 mai...

Mais ils ne mesurent pas qu’un « caudillo » comme Sarkozy est remonté comme une pendule et qu’il veut, lui, un “troisième tour social”,  et le gagner: « Je serais la droite décomplexée annonce  t il, et, à la différence de la droite d’avant, je ferai ce que j’ai annoncé, je tiendrai parole » a t il développé sur TF1 de façon insolente jeudi 26 avril au soir. Thatcher avait fait comme cela contre les mineurs, et Reagan contre les aiguilleurs du ciel…

Certains disent « - Ah ! mais il a obtenu 31 % des voix, donc des voix d’un public populaire ». Sous-entendu : «  - On est foutus », se disent des militants accablés qui baissent les bras d’avance,  (devant ce peuple de « c… » - sic ) ils font circuler leur propre démoralisation, parce qu’il ne sont pas trempés ou n’ont pas été assez alertés pour affronter un tel choix historique.

Mais comme pour nombre d’électeurs de Le Pen,  ce public populaire de 31 % ne connaît pas le programme réel de Sarkozy, et s’ils le connaissaient, le comprenaient, ils ne voteraient naturellement pas pour lui.
On doit donc expliquer jour après jour, ( J – 9) partout de quoi il s’agit et ne pas partir battus… car on est dans un mouchoir de poche et on PEUT encore gagner avec Ségolène Royal le 6 mai

Les Français ne sont pas des « cons »,  pas des « veaux », « des cocufiés qui en redemandent » dixit Le Pen à leur propos, pas des pessimistes, ils cherchent l’ordre, une solution, une issue à leurs misères et comme ceux qui suivaient hier Le Pen, ils marchent sans le lire dans le texte, sur la démagogie, les mensonges de Sarkozy.
(Et,  bien sur, parce qu’en face, la gauche n’a pas été jusque là assez attractive ! ) Alors, il y en a, à gauche, pour dire, « c’est la faute de la gauche» (du Ps…). Et pour « punir la gauche » (sic) (toujours le Ps…) , ils disent parfois, (trop) : «  Je m’abstiens ! ». Sans mesurer la portée politique d’une telle abstention dont ils seront eux, demain, les principales victimes !  « Ne me culpabilisez pas », disent-ils parfois, c’est la faute de la gauche ( du Ps…) si je ne vote pas…
Mais SI, il faut les culpabiliser, car leur vote n’est de la faute de personne, sinon d’eux-mêmes.

Il faut qu’ils voient, avant qu’il ne soit trop tard, qu’ils laisseraient investir un Bush qui leur annonce clairement tout ce qu’il va faire contre eux !  «Vous exagérez sur ce qu’est Sarkozy » : mais non, nous n’exagérons pas, on est en deçà, on sonne le tocsin avant qu’il ne soit trop tard. (Lisez !)

La grande presse cynique des Bouygues, Dassault, Lagardére, Dassault a réussi à « vendre »  à 31 % de Français du vrai-faux le Pen de Neuilly (Le Pen est un milliardaire)  et à 18, 5 % d’entre eux du “centriste trompeur” (Bayrou recyclé).

Sans doute parce que la gauche n’a pas assez « attiré » … mais ce n’est pas une raison pour se flageller, pour ne pas faire notre devoir….  

Sans doute à cause du fait que les vrais socialistes sont perçus comme des faux-vrais mais ce n’est plus le sujet à cette heure : c’est NOTRE survie qui est en jeu il faut impérativement renverser le complot qui, diaboliquement, vise, par déception, confusion, actuellement entretenu par les grands médias, à ne pas faire gagner la gauche.

Il faut vouloir ignorer l'histoire du monde et de la mondialisation  et de la menace d'impact total qui pèse sur la France (et son histoire, nov-déc 95, 2003, 2005, 2006) pour refuser de faire barrage à Sarkozy !

Le monde entier nous regarde et l’élection de Sarkozy ne serait pas seulement une défaite pour la France !

Toutes les forces de tout ce qu'il y a de progressiste dans ce pays doivent s'arquebouter pour que pas une voix ne manque à Royal.

(Bayrou n’est pas candidat, Bayrou a dit qu’il n’appellerait pas à voter Royal, il ne sera pas dans la majorité présidentielle…   par contre, il faut que ses voix viennent ou reviennent à gauche, contre Sarkozy…)

Après, chacun pourra se vanter d'être le premier opposant de la candidate victorieuse, d’être contre toute alliance avec le vrai faux « centre », mais personne ne pourra un jour se vanter en disant “je me suis abstenu”.

Sarkozy essaie maintenant, donc,  de se présenter comme victime « pourquoi tant de haine contre moi ? » répète t il des dizaines de fois dans ses meetings.
Incroyable !  Il est le pur produit des 16 000 familles de la tranche supérieure de l’Isf (impôt sur les grandes fortunes). Il est le pur produit du Cac 40,  de Neuilly,  et il arrive à se vanter du vote de 31 % des Français.

Sarkozy arrive t il à se présenter comme un homme « qui ne négocie pas », qui ne cherche pas, lui,  d’alliés au centre, qui va droit au but en s’adressant aux Français ? C’est encore le registre classique de Le Pen.
Mais Sarkozy est, en fait, aux abois, et négocie avec tous les fonds de tiroir, avec Tapie ou Besson, De Robien, Borloo, avec de Villiers ou les 15 députés Udf qui se sont ralliés à lui…

Et Sarkozy n’est pas assez diabolisé pour ce qu’il défend : plus pratiquement encore que Le Pen, car lui il aura les moyens du pouvoir, il défie frontalement les cheminots, ceux, selon lui, qui n’ont plus droit à la retraite après 37,5 annuités, avec un aplomb, une morgue inouïe sur TF1 jeudi soir. Pourtant la moyenne des Français, sans forcément le savoir, ne travaille pas plus de 37, 5 annuités : et Sarkozy leur dit donc qu’il va leur voler leur droit à la retraite, la porter à 41, 42 annuités (inatteignables !) après avoir ratiboisé les « régimes spéciaux »…

Le candidat de Neuilly, de Bouygues Lagardére, celui qui annonce la guerre sociale au profit du Medef et qui larmoie comme une victime, se plaignant d’être « diabolisé »  on aura tout vu… Comme on dit dans la chanson « les loups sont dans la plaine » , ils sont là, ils nous assiégent, « En garde » debout !

 J – 9

Gérard Filoche, vendredi 27 avril 07

dimanche, 22 avril 2007

DOSSIER SUR LES SONDAGES POLITIQUES

DOSSIER SUR LES SONDAGES

Comment manipuler des élections

A VOIX AUTRE, vendredi 16 juin 2006.

 
Un sociologue analyse ici très clairement les effets des sondages sur les élections. Entre « prophéties autoréalisées » et « autonégations », il apparaît que le changement de société par le vote n’est pas vraiment pour demain. Spéciale dédicace à ceux qui y croient encore...

Ces derniers temps, la sociologie scrute attentivement les sondages électoraux. Pour le grand public, les sondages se trompent dans leurs prédictions, mais un regard plus attentif révèle que ce n’est peut être pas le cas. Les sondages, même s’ils émettent des prédictions justes, produisent dans la société qui les consomme des « autoréalisations » et des « autonégations » qui font varier le résultat final des élections. Les partis politiques se sont tournés vers ces outils, qui convenablement utilisés peuvent faire gagner ou perdre des élections. Il s’agit alors de se demander : « sommes nous autant manipulables que cela ? ».

Il existe en sociologie une théorie appelée de l’ « autoréalisation » qui affirme que si une prophétie erronée est rendue publique et est considérée comme vraie par les membres de cette société, alors cette prophétie se réalisera. Par exemple, imaginez un scénario économique où tout indique que la croissance va se maintenir ; au même moment, le ministre de l’Economie émet une fausse annonce indiquant qu’il perçoit des signes de ralentissement de la croissance et d’une probable crise. Ce qui évidemment faux, mais provient d’une source crédible socialement. A partir de l’annonce publique du message, il se peut que, par précaution, celui qui allait investir dans une nouvelle affaire ne le fasse pas et celui qui allait faire un achat important se retienne. Comme conséquence du ralentissement des investissements et de la consommation, surgit la crise. La prophétie était fausse, mais elle s’est autoréalisée.

La politique n’échappe pas à ce phénomène et essaye même d’en profiter. La fameuse phrase « L’Espagne va bien » de l’ex-président Aznar a été un exemple très clair d’autoréalisation provoquée intentionnellement qui a porté ses fruits pour le PP (Parti Populaire) (centre-droit très conservatrice, ndt) dans les élections de l’an 2000, qu’il a gagné avec majorité absolue.

Le vote indécis

Ces derniers temps, dans les démocraties dites occidentales, les électeurs se divisent en deux grands groupes : ceux qui ont un vote décidé, invariable et ne s’abstiennent presque jamais, et ceux, appelés « indécis », qui votent de manière variable. La structure du système électoral, rajouté à diverses circonstances politiques fait que la majorité du groupe social des électeurs décidés se divise en deux grands partis de centre-gauche et centre-droit, ceux-ci étant les seuls qui ont des chances de prendre le pouvoir. Mais leur victoire dépend d’un autre groupe social : les indécis. Connaissant les théories de l’autoréalisation, il n’est pas surprenant de constater que la plupart des études sociologiques ont révélé que ce vote, indécis jusqu’à la dernière minute, va finalement au parti qui a le plus de chances de gagner. Ce qui est, exception faite des désastres et des crises, le parti au pouvoir. A la condition que la vie de l’indécis soit relativement tranquille, son vote, s’il vote, ira presque toujours au gouvernement. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de déloger un parti au pouvoir, sauf en cas de disparition dudit parti (UCD en 1982), crise économique et institutionnelle (PSOE en 1996) ou guerre et désastre écologique (PP en 2004). Et même dans ces cas là, l’électeur indécis préfère l’abstention à l’opposition.

Les prédictions s’autoréalisent et la présomption de victoire produit la victoire. Pour cette raison, chaque groupe médiatique ou politique gonfle les sondages en sa faveur. Ou du moins cela devrait être comme ça.

Tel est pris qui croyait prendre

Mais ce n’est pas aussi simple car il existe aussi un phénomène appelé « autonégation ». En 1993, tout indiquait que le PP gagnerait les élections face au PSOE (centre-gauche, ndt). Pour provoquer une autoréalisation, les médias favorables au PP ont publié des sondages donnant le PP gagnant, avec même la possibilité d’une majorité absolue. Cette possibilité de majorité absolue a produit une autonégation. Beaucoup d’électeurs socialistes qui allaient d’abstenir ont finalement décidé d’aller voter PSOE, et de nombreux indécis qui allaient voter PP ont changé d’avis et se sont abstenus parce que s’ils désiraient une victoire du PP, ils ne voulaient pas de majorité absolue. Au lieu de s’autoréaliser, la prophétie s’est autoniée et le PSOE a gagné les élections.

Sans aller si loin, en 2004, les sondages donnaient le PP gagnant. Néanmoins, les attentats du 11 mars et leur relation pour l’opinion publique avec la participation à la guerre contre l’Irak ont provoqué chez les indécis un vote en faveur du changement de gouvernement. Probablement, si les sondages antérieurs aux attentats avaient donné gagnant le PSOE, leur vote se serait divisé entre d’autres possibilités comme le vote blanc, le soutien à des petits partis ou même le soutien moral au gouvernement après les attentats. Mais la victoire prédite du PP s’est autoniée d’elle-même.

Proclamer sa propre victoire est donc nécessaire, mais risqué. Les deux grands partis politiques de n’importe quelle démocratie occidentale se battent pour les votes centristes (ce qui est la forme politiquement correcte pour nommer les indécis). Dans leur quête du centre, ils lisent les sondages, cherchent des formes d’autoréaliser des résultats favorables, et lancent des messages simples, peu risqués par peur de l’autonégation. Petit à petit, les sondages, leurs autoréalisations et leurs autonégations occupent la bibliothèque et prennent la place des idéologies et des projets.

[Rafael Conde] est sociologue. Diagonal, juin 2006.

Diagonal est un journal espagnol d’actualité critique.

http://www.diagonalperiodico.net/

Tous les articles de Diagonal sont sous licence Creative Commons : le texte, une fois placé dans le domaine public, peut être librement copié, distribué et diffusé à condition de citer les auteurs, de ne pas l’utiliser à des fins commerciales, de ne pas le modifier et de préciser clairement les termes de la licence. Chacune de ces conditions peut être discutée directement avec l’auteur.

Traduit de l’espagnol par Avoixautre.be, juin 2006. 

* - * - * - * - * - * - * 

AGORA VOX – AUTEUR : VOLTAIRE 
  mardi 3 avril 2007

Les indécis, clé du scrutin présidentiel

Cette élection se caractérise par une situation paradoxale. Le pourcentage d’électeurs encore indécis demeure proche de 30% à moins de trois semaines du premier tour. Dans le même temps, un nombre de Français très important (80% d’après certaines études) indiquent leur intention d’aller voter le 22 avril. Cette campagne électorale est devenue l’un des sujets majeurs de discussion dans la population, et rarement journaux et programmes audiovisuels n’ont eu un tel succès avec leurs sujets sur cette élection. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation, et les éléments qui emporteront la décision chez ces indécis, qui détiennent dans leur vote le résultat final, sont complexes.

Nouveaux électeurs

L’une des raisons qui peut être à l’origine de ce fort pourcentage d’indécis est lié à l’évolution même du corps électoral. Un nombre important de Français s’est inscrit pour la première fois sur les listes électorales (certaines communes ont ainsi enregistré des augmentations d’inscription de 20 à 30% par rapport à 2002), et manifeste l’intention de participer à l’élection. Par nature moins politisée, moins habituellement curieuse du débat politique, cette population est donc logiquement plus indécise. Ce souffle démocratique salutaire, ce renouveau d’intérêt pour la politique est un élément très positif, mais il entraîne une difficulté plus importante à anticiper le résultat final. Ces nouveaux électeurs sont en effet exigeants sur les programmes des candidats mais encore peu informés sur les différents projets de société proposés. Ils ne s'inscrivent généralement pas sur un clivage classique droite-gauche qu'ils considèrent dépassés et prendront donc probablement leur décision au dernier moment, en fonction de l'ensemble des éléments qu'ils auront pris en compte, plutôt que de se déterminer sur une base partisane.

Electeurs non sondés

Une autre raison, technique celle-là, de l’incertitude actuelle, est liée à la quantité croissante d’électeurs non sondés, car dépourvus de téléphone fixe, parmi lesquels de nombreux jeunes. Ces jeunes ont aussi été nombreux à s’inscrire sur les listes électorales, et on peut penser qu’ils seront plus nombreux qu’en 2002 à voter. Leur choix est aussi, de par leur moindre expérience politique, plus lié, sinon à l’instinctif, du moins à l’affectif, même si l’on sait qu’il se porte en général moins sur les extrêmes et plutôt à gauche. Néanmoins, certaines études ont aussi montré l’intérêt du vote Bayrou auprès d’un pourcentage non négligeable de jeunes, qui se retrouvent dans sa volonté de dépasser le clivage droite-gauche.

Trois vraies options

Enfin, la dernière raison est sans doute plus fondamentale : elle réside dans un choix plus ouvert que lors des élections précédentes. Alors que le clivage droite-gauche, qu’une grande majorité de Français rejettent, était encore l’option prédominante du choix proposé en 2002, et que les candidats principaux eux-mêmes s’inscrivaient dans la continuité des années précédentes (ce qui a pu expliquer la déperdition des voies vers les « petits candidats »), l’élection de 2007 offre à la fois des personnalités plus en phase avec leur époque et trois vraies options politiques différentes en plus des candidats « protestataires » ou « d’idées ».

Le choix final

Ceci nous amène à regarder les différents éléments susceptibles d’influencer la décision finale de ces électeurs indécis.

Traditionnellement, le choix des électeurs se détermine en fonction de trois grands critères :

- un vote de soutien à une idée, à un thème. Ce vote est plutôt lié aux choix pour les « petits » candidats, comme le vote écologiste, mais aussi altermondialiste par exemple.

- un vote protestataire, contre le « système » (typiquement le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen, mais aussi, de façon moindre, le vote Bayrou cette fois-ci) ou contre un système libéral qui laisse certaines catégories sur le carreau (vote extrême gauche), voire contre l’immigration ou les musulmans (vote de Villiers ou Le Pen).

- Plus classiquement, un vote d’adhésion à l’un des deux modèles traditionnels de société, de gauche (Parti socialiste) ou de droite (UMP ou UDF pour les élections précédentes, pour les modérés pro-européens).

Mais ce triptyque classique n’est sans doute plus de mise pour de nombreux électeurs indécis en raison de plusieurs facteurs :

- le souvenir du 21 avril 2002, et l’absence de choix véritable au second tour, qui a laissé des traces dans l’électorat ;

- la présence d’un candidat qui souhaite dépasser l’opposition traditionnelle entre droite et gauche au profit d’un gouvernement de rassemblement plus large ;

- la personnalité même de certains candidats, qui suscite de fortes réactions, positives ou négatives.

Les indécis de 2007 choisiront ...

Jean-Marie Le Pen étant sans doute le candidat dont le socle électoral est le plus déterminé, il est peu probable qu’il constitue une option pour de nombreux indécis. De la même façon, cette élection semble peu favorable aux « petits candidats », qui, peut-être en raison du souvenir du 21 avril 2002, ne paraissent pas pouvoir capter une part importante des indécis.

Il est donc assez probable que ces derniers se détermineront, dans leur grande majorité, en fonction d’un choix assez simple :

- Voter en faveur de l’un des deux candidats des partis traditionnels, PS ou UMP. Ce choix a l’avantage d’une assez grande visibilité quant au gouvernement et au projet de société qui seraient mis en place.

Ou

- Risquer le vote en faveur de la proposition nouvelle défendue par le président de l’UDF, mettant en place un gouvernement de rassemblement. Si ce choix correspond bien au souhait d’une majorité, il comporte en revanche une incertitude sur sa réalisation, puisqu’il n’a plus été mis en œuvre en France depuis longtemps (contrairement à de nombreux pays européens).

... Ségolène Royal ?

Le vote pour Ségolène Royal comporte plusieurs atouts. Un projet d’inspiration socialiste traditionnelle dans lequel la candidate a inséré un certain nombre de spécificités personnelles, et le fait d’élire une femme à la magistrature suprême, élection qui n’est pas sans attrait pour de nombreux(ses) Français(es) et serait le signe d’une incontestable modernité. En revanche, cette candidature se heurte à deux écueils : la personnalité de Mme Royal, jugée parfois un peu « tendre » et inconstante, voire populiste, et un programme constitué d’une liste de promesses que beaucoup jugent irréalistes.

... Nicolas Sarkozy ?

De la même façon, le vote en faveur de Nicolas Sarkozy possède pour attrait : celui d’élire une personnalité à l’image dynamique, qui promeut le travail comme vertu principale, et détient une composante sécuritaire appréciée par de nombreux Français. Néanmoins, mis à part certains aspects de son programme qui peuvent apparaître comme privilégiant les catégories déjà les plus aisées, le personnage et sa méthode de travail suscitent aussi des réactions assez vives, qui sont perçues comme susceptibles d’entraîner des conflits sociaux à répétition et des affrontements entre diverses catégories de la population.

... ou François Bayrou ?

De façon opposée, ni le programme ni la personnalité de François Bayrou ne posent problème pour la majorité de ces indécis. Ils sont en effet généralement considérés comme consensuels et réalistes, tout en apportant une touche d’éléments réformateurs nécessaires. Là où le bât blesse, c’est bien dans la faisabilité d’un projet novateur, séduisant mais non testé, de gouvernement rassemblant un spectre large de personnalités politiques. Si les expériences allemande, néerlandaise, voire italienne (puisque le centre droit semble maintenant prêt à rejoindre la coalition de centre gauche dans ce pays) paraissent être couronnées de succès, ces exemples, peu connus des Français, se déroulent aussi dans des systèmes politiques différents. Le vote en faveur de François Bayrou consisterait donc, pour nombre d’indécis, en un pari sur l’avenir, à moins qu’il ne soit aussi un choix par défaut, de rejet des deux autres. Si les enquêtes d’opinion continuent en effet de suggérer, en dépit de la prudence qu’il faut accorder à ces sondages, que François Bayrou est le seul à pouvoir l’emporter au second tour face à Nicolas Sarkozy, ce dernier argument pourrait finalement s’avérer décisif dans l’isoloir.

Quel que soit leur choix final, il y a donc fort à parier que ce sont bien ces indécis qui détermineront le résultat de l’élection le 22 avril, et d’une certaine façon, le type de société dans laquelle nous vivrons au cours des dix prochaines années. Selon toute probabilité, ce choix se cristallisera tardivement, voire même au dernier moment, ce qui devrait relativiser les interprétations abusives des faibles variations observées dans les sondages d’opinion.

URL TRACKBACK : http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=21780

* - * - * - * - * - * - *

Vincent Tiberj, SUR www.decisio.info, le 28/02/2006

 

 

  Vote des indécis : Le casse-tête des stratèges politiques ?

Ils sont de plus en plus nombreux à chaque élection, les instituts de sondage peinent à les cerner et les stratèges politiques s’échinent à les séduire... Qui sont donc les indécis, population mystérieuse et désormais incontournable de notre vie politique ? Et comment se décident-ils au moment de voter ?

L’analyse de Vincent Tiberj, chercheur au Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof).

L’indécision est-elle un phénomène récent dans notre démocratie ?

L’électorat a beaucoup changé au cours des deux dernières décennies. Jusque dans les années 70-80, on observait de grandes fidélités aux partis politiques. On parlait encore de « vote de classe », et les partis, profondément ancrés dans la société, animaient l’électorat au quotidien...

Cette époque est désormais révolue. L’effritement des attachements de long terme (quels qu’ils soient) est une première raison. L’accès à l’information politique en est une autre : auparavant transmise par les partis, elle est aujourd’hui directement accessible via les médias - et compréhensible par le plus grand nombre, grâce à l’explosion du nombre de diplômes scolaires et universitaires. Enfin, les valeurs ont changé, avec une remise en cause des autorités constituées - donc une plus grande circonspection à l’égard des partis politiques.

Peut-on mesurer la population des indécis ?

Difficilement, car le champ d’études reste récent. Certaines enquêtes permettent toutefois d’en prendre la mesure. Aux Etats-Unis, par exemple, on estime à 30 % la proportion d’indécis pour l’élection présidentielle. Un chiffre qui a triplé en trente ans ! Rappelons cependant une spécificité américaine : ce pourcentage est calculé sur la base de la population en âge de voter, et non des citoyens américains. Il inclut donc les personnes ne disposant pas de ce droit. En France, 14% des électeurs disent s’être décidés au dernier moment lors du premier tour de l’élection présidentielle en 2002 (sondage Louis Harris).

Existe-t-il une typologie des indécis ?

On peut en distinguer trois types. L’indécis dominé, tout d’abord, qui ne maîtrise pas les enjeux de l’élection et finit souvent par s’abstenir. A l’inverse, l’indécis stratégique, bien informé, attend sciemment le dernier moment pour choisir - en fonction des derniers sondages, par exemple. Enfin, l’indécis normatif hésite entre plusieurs programmes : tout dépend de sa grille de lecture, de l’enjeu sur lequel il se prononce. Par exemple, il est d’accord avec la droite sur la sécurité, et avec la gauche sur les questions économiques.

Qu’est-ce qui décide un indécis à voter ?

Le premier déterminant, c’est l’intérêt pour la question posée. Certains électeurs ne se mobilisent que pour les questions nationales, d’autres pour les scrutins locaux. D’autres encore ne se déplacent que pour les élections tendues, où leur vote - pensent-ils ! - peut influer sur le résultat.

Ensuite vient la conscience d’un « devoir de voter ». C’est ce que l’on appelle le « paradoxe de l’électeur », car dans un modèle de pure rationalité décisionnelle, il est rare qu’une voix ait en soi un impact sur le résultat...

Lorsqu’ils décident de voter, comment ces indécis orientent-ils leur choix ?

La logique d’influence, typiquement française, ou celle de protestation, progressent fortement au détriment du vote d’adhésion. Déjà perceptible en 1995, le vote d’influence a été très fort en 2002. Songez que 43 % des sympathisants socialistes n’ont pas voté Jospin ! Ils avaient l’intention de le faire au 2e tour, mais ont préféré jouer l’influence lors du premier, avec l’idée de faire passer un message aux candidats, en votant pour ceux situés plus à gauche sur l’échiquier politique (A. Laguiller et O. Besancenot).

Au final, à qui profite le vote des indécis ?

Les mouvements d’un camp à l’autre (entre la gauche et la droite) restent faibles - de l’ordre de 5 %. Un chiffre suffisant néanmoins pour faire basculer une élection, mais qui relativise les discours sur la volatilité de l’électorat.

De plus, les études les plus récentes mettent en lumière un phénomène nouveau : la multi-appartenance partisane. De nombreux électeurs se déclarent désormais proches de plusieurs partis à la fois (souvent du même camp), et procèdent souvent par élimination pour leur choix final.

Quelles stratégies les partis mettent-ils en œuvre face à la montée de ce phénomène ?

La tentation d’orienter les discours politiques dans le but d’emporter le vote des indécis est assez forte. C’est ce qui a perdu Jospin en 2002, ou Gore en 2000 aux Etats-Unis : à trop vouloir séduire le centre, ils se sont coupés de leur base. Or, il n’y a pas vraiment « d’indécis du centre », mais plutôt des électeurs qui se sentent à droite sur certaines questions, et à gauche sur d’autres...

Il est donc fondamental de bien définir les enjeux d’une élection et de se positionner sur chacun. De fait, les partis politiques l’ont déjà compris lorsqu’ils se déterminent sur des questions où ils pensent avoir un avantage électoral, et tentent de focaliser la campagne sur celles-ci. En 2002, c’est en plaçant très haut l’enjeu de la sécurité que la droite a pris l’avantage. Et le « Non » l’a emporté au dernier référendum parce que les enjeux sociaux ont dominé les enjeux institutionnels.

Qu’en est-il dans les pays voisins ?

Les situations varient selon les organisations institutionnelles. Une élection à un tour, comme en Grande Bretagne, limite l’indécision et contraint au choix. En Allemagne, les élections au Bundestag sont relativement « encadrées », le premier vote se faisant au scrutin majoritaire, et le deuxième à la proportionnelle. Le système français, de par la diversité de l’offre politique et le vote à deux tours, favorise au contraire ce phénomène de l’indécision.

 

 

www.quelcandidat.com

Résultats du sondage               Votes du premier tour

Nombre de votes : 19673

François Bayrou

27.1%

5341

Ségolène Royal

24.6%

4831

Nicolas Sarkozy

21.6%

4244  

Olivier Besancenot

7.7%

1505

Jean-Marie Le Pen

6.1%

1197

José Bové

3%

585

Marie-George Buffet

2.8%

555

Dominique Voynet

2.5%

485

Frédéric Nihous

1.8%

350

Philippe de Villiers

1.7%

326

Arlette Laguiller

0.8%

150

Gérard Schivardi

0.5%

104

Premier vote  : 08-04-2007 21:05       Dernier vote  : 14-04-2007 21:18